Masanobu Fukuoka, “la révolution d’un seul brin de paille”

Il y a quelques années en arrière j’ai trouvé ce livre “La Révolution d’un seul brin de paille” dans la bibliothèque de ma vieille tante très investie dans l’agriculture et l’élevage en son temps.  Aujourd’hui, elle a 99 ans et de l’expérience…

J’ai été interpellé par le sous titre : « une introduction à l’agriculture sauvage ». Je partage avec vous ma cueillette au fil des pages d’un certain nombre de pensées. C’est un livre qui a été publié au Japon en 1975, traduit en français en 1983.

Masanobu Fukuoka a reçu une formation de microbiologiste. Il s’est spécialisé dans les maladies des plantes. A à 25 ans déjà il commence à mettre en question les principes fondamentaux de l’agriculture moderne. Il commence ses expériences en 1938.

La révolution d'un seul brin de paille

« Quand on a compris qu’on perd joie et bonheur dans l’effort de les posséder, l’essentiel de l’agriculture sauvage est réalisée »

– Masanobu Fukuoka

« Près d’un petit village de l’île de Shikoku, au sud du Japon, Masanobu Fukuoka a développé une méthode d’agriculture naturelle qui pourrait aider à inverser le mouvement dégénéré de l’agriculture moderne. L’agriculture sauvage ne nécessite ni machine ni produit chimique, et très peu de désherbage, M. Fukuoka ne laboure pas la terre et n’utilise pas de compost préparé, il fait son riz en culture sèche, c’est à dire sans maintenir d’eau dans ses champs de riz pendant la saison de pousse, comme les paysans l’ont pratiqué pendant des siècles en orient et dans le monde entier, il n’a pas labouré la terre de ses champs depuis plus de 25 ans et cependant leur rendement peut être favorablement comparé à ceux des fermes japonaises les plus productives. Sa méthode agricole demande moins de travail qu’aucune autre méthode. Elle ne crée aucune pollution et ne nécessite pas d’énergie fossile. »

« La distinction fondamentale est que M.Fukuoka cultive en coopérant avec la nature plutôt qu’en essayant de l’ « améliorer » par la conquête. »

« L’idée de base lui vint un jour qu’il passait par hasard dans un ancien champ inutilisé ni labouré depuis de nombreuses années. Il y vit de magnifiques pieds de riz poussant à travers un fouillis d’herbes, à partir de ce moment il arrêta d’inonder son champ pour cultiver le riz. Il arrêta de semer le riz au printemps et à la place mit les gaines en automne, en les semant directement à la surface du champ où elles seraient tombées naturellement sur le sol. Au lieu de labourer la terre pour se débarrasser des mauvaises herbes, il apprit à les contrôler au moyen d’une couverture du sol plus ou moins permanente de trèfle blanc et de mulch de paille de riz et d’orge. A partir du moment où il a vu que les conditions ont basculé en faveur de ses récoltes, M. Fukuoka intervient le moins possible sur les communautés animales et végétales de ses champs. »

« Dans les champs de M.Fukuoka, le sol s’améliore à chaque saison. Pendant les derniers 25 ans, depuis qu’il a arrêté de labourer, ses champs se sont améliorés en fertilité, structure, et capacité à retenir l’eau. Avec la méthode traditionnelle la condition du sol reste à peu près toujours la même. Le paysan obtient des rendements directement proportionnels à la quantité de compost et de fumier qu’il répand. Dans les champs de l’agriculteur en chimie, il y a perte de la vie du sol et dépérissement de la fertilité originelle en peu de temps. »

« Pendant ces années j’ai mis le cap en ligne droite sur une méthode d’agriculture du « non-agir ».

La révolution d'un seul brin de paille

La voie habituelle pour développer une méthode est de se demander « et si on essayait ceci ? » ou « et si on essayait cela » introduisant une variété de techniques les unes après les autres. C’est l’agriculture moderne et son seul résultat est de rendre l’agriculteur plus occupé.

Ma voie fut l’opposée. J’aspirais à une manière de cultiver qui fasse plaisir, naturelle, qui aboutisse à rendre le travail plus aisé et non plus dur. « et si on ne faisait pas ceci ? Et si on ne faisait pas cela ? » telle était ma manière de penser. »

« Le chemin que j’ai suivi, cette agriculture sauvage, qui paraît étrange à beaucoup, s’explique d’abord en réaction à l’évolution irréfléchie et constante de la science. Mais tout ce que j’ai fait en travaillant la terre ici à la campagne, c’est essayer de montrer que l’humanité ne sait rien, parce que le monde marche dans la direction opposée avec une énergie si violente, il peut sembler que je suis rétrograde, mais je crois fermement que le chemin que j’ai suivi est le plus intelligent.

Ces dernières années le nombre de gens intéressés par l’agriculture sauvage a considérablement augmente. Il semble que la limite du développement scientifique a été atteinte, on commence à avoir des inquiétudes, et le moment est venu d’un réexamen. Ce qui était perçu comme primitif et rétrograde est considéré maintenant subitement comme bien en avance sur la science moderne.»

Brin de paille

« La terre se cultive elle-même, naturellement, par la pénétration des racines des plantes et l’activité des microorganismes, des petites animaux et des vers de terre. »

« Ces 4 principes de l’agriculture sauvage -(ne pas cultiver, pas d’engrais chimiques ni de compost préparé, pas de désherbage par labour ni herbicide et pas de dépendance chimique) – obéissent à l’ordre naturel et conduisent au réapprovisionnement de la richesse naturelle. »

« Avec l’engrais vert pour fertiliser le sol en surface et les racines de l’acacia Morishima pour l’améliorer en profondeur, vous pouvez très bien vous passer de fertilisant et il est inutile de cultiver entre les arbres du verger. Avec de grands arbres en brise-vent, des agrumes au centre et une couverture d’engrais vert dessous, j’ai trouvé le moyen de ne pas m’en faire et de laisser le verger se débrouiller seul. »

« Pour le jardin potager il suffit de dire que vous devez faire pousser les bons légumes au bon moment dans un sol préparé avec du compost organique et du fumier. Dans le Japon ancien, la méthode pour faire pousser les légumes de consommation domestique se mêlait harmonieusement au mode de vie naturel. Les enfants jouent sous les arbres fruitiers du jardin potager. Les cochons mangent les déchets de la cuisine et piétinent en rond les chiens aboient et jouent et le paysan sème dans la terre riche. Vers de terre et insectes croissent avec les légumes, les poulets picorent les vers de terre et pondent des œufs pour les enfants…

On prévenait les maladies des plantes en faisant pousser les récoltes traditionnelles au bon moment, en conservant le sol en bonne santé par le retour de tous les résidus organiques, et en pratiquant la rotation des cultures. Les insectes nuisibles étaient ôtés à la main ou picorés par les poulets. Dans le Shikoku du sud, il y avait une espèce de poulets capables de manger les vers de terre et les insectes sur les légumes sans gratter les racines ni abîmer les plantes.

Certains pourront d’abord être sceptiques à l’idée d’utiliser le fumier animal et les rebuts humains, trouvant cela primitif ou sale. Car aujourd’hui les gens veulent des légumes « propres ». Aussi les agriculteurs les font-ils pousser dans des serres chaudes sans utiliser du tout de terre. » …

On peut dire que Fukuoka est un des père de la permaculture… 

Maguy Soldevila

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